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SEARCH-DAY. Entretien avec Christophe Dubois-Damien. IESF

Jacqueline Sala



Bonjour Christophe Dubois-Damien. Photo Christophe Dubois Damien avec son ami Louis Pouzin, ingénieur polytechnicien, l'un des pères d'Internet

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Christophe Dubois Damien avec son ami Louis Pouzin, ingénieur polytechnicien, l'un des pères d'Internet
Nous avons la chance d'être partenaires d'IESF pour cette édition de Search-Day et vous intervenez en ouverture le mercredi 22 mars a 14h et le Jeudi 23 mars a 8h45. Nous vous remercions d'avoir accepté de répondre a nos questions. Julie Simons.

A l’heure où l’intelligence artificielle s’inscrit dans notre quotidien, quelles sont les évolutions que vous entrevoyez ?

Le développement rapide des intelligences artificielles ces dernières années fascine autant qu’il inquiète. Nos sociétés sont-elles prêtes à relever les défis que posera la cohabitation future des intelligences biologiques et informatiques ?
Il est nécessaire d’envisager l’impact que ces nouvelles technologies auront sur nos vies. Urgent, également, de penser une école qui préparerait nos enfant à travailler avec ces nouveaux outils.
Contrairement au mythe, les « digital natives » sont en réalité aussi illettrés numériques que leurs aînés.
On entend beaucoup de choses sur l’intelligence artificielle et sur la façon dont elle bouleversera, en bien ou en mal, le monde dans les prochaines décennies.
On peut se poser des questions notamment sur la question de savoir comment les démocraties vont résister à l’avènement de l’intelligence artificielle. Mais pour autant, je ne vois pas de raison pour que les prochaines technologies ne nous permettent pas de trouver des solutions aux problèmes qui se posent aujourd’hui. En revanche, on ne peut être certain de rien concernant le monde du futur. Il est difficile de changer le monde moins de changer son monde.

Quels seront les métiers de demain ?

A mon avis la spécialisation est suicidaire. Le métier de comptable, par exemple, n’aura plus aucun intérêt dans quelques années. Il vaut mieux se diriger aujourd’hui vers des métiers où l’Intelligence artificielle n’est pas bonne. Et cela passe par la multidisciplinarité et la transversalité. Il faut éloigner les enfants des secteurs dans lesquels le big data s’est développé. Là où l’IA est très forte, c’est pour prendre des décisions à partir de millions de données.
La spécificité du cerveau humain est de pouvoir prendre des décisions à partir de trois ou quatre données. Nous sommes capables d’interpréter des données parcellaires là où la machine à besoin d’informations exhaustives pour prendre une décision.

Pour autant faut -il que tous les enfants apprennent l’informatique à l’école ?

Ce n’est pas aussi simple. La deuxième révolution industrielle de 1880 avait comme intrant l’électricité. Pourtant, les électriciens ne sont pas devenus les maîtres du monde.
Le fait de savoir coder ne permettra pas de se rendre indispensable à l’avenir.
Une bonne partie du code sera même créée par les intelligences artificielles elles-mêmes à l’avenir. Il ne faut pas non plus oublier que lorsque les jeunes arriveront sur le marché de l’emploi, le codes et les IA auront continué à évoluer de leur côté et tous les savoirs appris à l’école pourraient déjà être dépassés…
Le développement des intelligences artificielles aujourd’hui va plus vite que l’éducation.

Le plus important est donc de rendre les enfants très mobiles et capables de s’adapter.

Quels sont selon vous les risques et les opportunités de l'Intelligence artificielle ?

Déjà aujourd’hui, on assiste à une multiplication des petits boulots liés aux IA.
Il existe de nombreux « tâcherons de l’IA ».
Il ne faut pas non plus oublier que nous travaillons tous plusieurs heures par jours pour entraîner ces intelligences artificielles. Quand on échange sur LinkedIn, qu’on like une vidéo sur YouTube, on entraîne ces algorithmes à devenir plus performants.

Au niveau microéconomique, l’IA est un formidable outil pour limiter le risque.
Avec Google Maps, on sait en permanence à quelle heure on arrivera à destination.
Spotify nous propose des chansons qu’il est sûr que nous allons apprécier.
En revanche, au niveau macro, le développement de l’intelligence artificielle est une énorme source d’incertitude sociétale et politique. Si on prend simplement l’exemple des gilets jaunes en France, l’élection de Donald Trump, ou le Brexit, tous ces exemples n’auraient sans doute pas été possibles sans les algorithmes et l’IA. Ce sont les algorithmes de Facebook ou YouTube qui permettent la viralité des fake news et avec elles, la montée des populismes. L’IA fait du XXIe siècle un siècle d’incertitude.

Des conflits naitront du résultat des tensions entre les gagnants de l’IA et de la data et les laissés pour compte. Et ce serait un mensonge de dire que tout le monde sera gagnant de cette nouvelle économie de la connaissance et de la data.
Les inégalités risquent de s’accentuer dans les prochaines décennies entre les mieux formés et les autres. Je suis très optimiste pour les élites. Beaucoup moins pour les classes moyennes et inférieures.

L’an 2000 a connu une promesse d’internet de permettre une démocratisation de l’information.
On a connu ce fantasme d’un internet qui serait un des vecteurs de la démocratie.
L’espoir est déçu. On observe même parfois l’inverse. A certains niveaux on peut même parler de confiscation de la démocratie par ces grandes plateformes qui travaillent sur l’IA.
On assiste à une sorte de coup d’État de la part des GAFAM et tous ces géants qui ont désormais autant de poids que les Etats.

Il faut aussi prendre l’exemple de la Chine qui reste un des plus gros laboratoires de l’IA.
Certains pensaient que le régime communiste ne pourrait pas résister à l’arrivée d’internet. Pourtant le parti communiste est plus fort que jamais. Internet et l’IA sont utilisés pour s’assurer le contrôle sur les populations.
La Chine progresse très rapidement dans tous les domaines technologiques.
Elle dispose de budgets considérables et s’embarrassent peu des questions éthiques qui leur sont liées.
Aux Etats-Unis, il ne faut pas oublier que l’armée est fortement impliquée dans les avancées des géants de la Silicon Valley. Mais la réalité, c’est que cette implication de l’armée est nécessaire. Si ce n’était pas le cas, les USA ne seraient à terme qu’une colonie chinoise.
Jeff Bezos, le richissime patron d’Amazon, qui travaille beaucoup avec l’armée américaine a récemment expliqué que selon lui, l’avenir serait bien plus sombre encore si les deux ne coopéraient pas. Les GAFAM sont nées dans des garages mais certains garages ont été posés sur le pont des porte-avions ».
Et en fait sur cette carte du monde de la data, l’Europe n’existe pas, ou très peu.
Je crains que le retard accumulé ne se résorbera pas. Et je pense que les parents pour qui ce sera possible devront se poser la question d’envoyer leurs enfants étudier sur les bords du Pacifique. Dans ce monde, la fuite en avant est la règle. Et ne pas courir, c’est prendre le risque d’être dominé par les autres. L’Europe et la France risque de devenir une colonie numérique et culturelle.
Les technologies de l'IA bouleversent effectivement les environnements technologiques, économiques et sociétaux. Et avec un nouveau taux de croissance prévu de 18,8 % pour 2022, l'intelligence artificielle va continuer à évoluer et ces changements vont se multiplier.

Pour essayer d’appréhender l’Intelligence artificielle, il faut déjà comprendre le nouveau paradigme issu de la troisième révolution industrielle de 1980.
Nous sommes à l’ère de l’informatique anthropologique

La révolution numérique a eu lieu

Le cycle industriel de la deuxième révolution industrielle de l’électricité de 1880 est passé.
Le nouveau cycle de la troisième révolution industrielle s’est ouvert en 1980. Fondée sur l'informatique puis sur internet, l’industrie est mue par les processus normés et informatisés. Ce modèle économique contemporain impose le passage de l’ère de la main d’œuvre à l’ère du « cerveau d’œuvre », réseau maillé collaboratif, alliage du cerveau humain et de l’ordinateur.
Les individus disposent d'une puissance de création, de communication, de coordination. Ils forment la multitude : une communauté créative reliée, connectée et mobile. La révolution numérique a eu lieu. Ses principes et son socle technologique sont en place.

Il faut apprendre à s’y mouvoir. Pourquoi quarante ans après 1980 est-il encore si difficile pour les Etats, les entreprises et autres institutions de comprendre et d’intérioriser cette nouvelle donne ? Ne pas profiter des opportunités de cette transformation est un gâchis, ne pas anticiper ses menaces est un risque.

Une économie hyper capitalistique, hyper entrepreneuriale, une mue du capitalisme

Le modèle néo-classique est incapable d’expliquer l’économie contemporaine. Nous sommes entrés dans une économie où les rendements d’échelle sont croissants.

On le constate pour les logiciels et la microélectronique. On le verra à proportion de l’informatisation dans tous les secteurs. À terme, toute l'économie sera informatique. L’essentiel du coût d’un produit est dépensé lors de la phase initiale d’investissement (ingénierie, programmation, organisation). Le coût marginal est nul ou négligeable. L’économie est hyper capitalistique, hyper entrepreneuriale.

Nous assistons à une véritable mue du capitalisme, qui appelle bien plus qu’une adaptation technologique et exige de chaque entreprise, de chaque institution, une remise en cause profonde de son mode de fonctionnement pour redessiner les organisations, les écosystèmes et les relations sociales.

L’intelligence ochlonomique

Pour convaincre les décideurs privés et publics et pour marquer la profondeur des bouleversements, j’ai inventé le néologisme « ochlonomie » (du grec ochlos : multitude et nomos organisation).
Les termes « numérique » et « digital » sont en fait trop limitatifs.
Le grand saut dans le monde de l’informatisation généralisée est le Sésame qui permet de repenser nos organisations pour qu’elles deviennent ouvertes, collaboratives et libératrices de création de valeur.

Appréhender la donnée, intrant de la troisième révolution industrielle

L’intrant de la troisième révolution industrielle est la donnée, comme la vapeur et l’électricité furent les intrants de la première révolution industrielle de 1780, puis de la deuxième révolution de 1880. De ce fait un cabinet d’avocats ou d’expertise comptable est une industrie.

« Donnée » fait penser à un cadeau de la nature telle une matière première

Les expressions « big data », « data lake » ou « entrepôt de données » suggèrent qu’elles sont déversées dans un lieu de stockage pour une utilisation à sa guise.

Mais les données ont été produites après avoir été choisies. Leur qualité est déterminée par cette production et ce choix. Si on stocke des données « pourries » dans ses data lakes et autres datawarehouses, l’intelligence artificielle la plus puissante ne pourra fournir que de la « pourriture ». Et cela arrive souvent dans les entreprises.

Il faut dans l’entreprise favoriser le passage de la main d’œuvre au « cerveau d’œuvre » et mettre en valeur les potentialités ouvertes par la libération des forces de l’intelligence, de l’autonomie et du travail collaboratif. Il faut faire émerger les nouvelles valeurs du manager ochlonomique, leader plus que patron, coach plutôt que chef. Tout cela fait éclater les limites définies par un code du travail français complexe et obsolète. Pour bénéficier d’opportunités fabuleuses, il faut savoir se doter des institutions adéquates.

Il faut repenser l’entreprise comme partie prenante d’un écosystème complexe et mouvant. Cela conduit à de nouveaux modèles d’affaires.

La mise en réseau des entreprises, des ressources et des clients démultiplie les solutions de création et de captation de la valeur. Or les grandes plateformes jouent un rôle pivot d’intégration des différents acteurs de l’écosystème productif. Et la façon dont l’entreprise se positionne par rapport à eux est un facteur décisif du modèle d’affaires.

Repenser les institutions. Réussir la plateformisation de l’Etat

Il faut aussi repenser l’Etat en tant que plateforme d’un écosystème complexe.
Les institutions françaises, inspirées par le Conseil National de la Résistance, ont été rédigées pour servir le précédent modèle économique : l’économie fordiste de la deuxième moitié de la deuxième révolution industrielle; c’est-à-dire une économie de masse de travailleurs de la grande entreprise pyramidale, normalisée, hiérarchisée, optimisée, cadencée par l’organisation scientifique du travail, fabriquant des produits standardisés, faisant l’objet d’une consommation de masse sur des marchés grand public.
Il faut bâtir les institutions permettant l’épanouissement et l’équilibre social du paradigme de l’économie numérique du règne de la donnée à l’ère de la multitude, de l’homme augmenté, de l’entreprise étendue, de l’innovation continue et du développement des territoires.

Macroéconomie et géopolitique

On ne doit pas éluder la dimension perturbatrice d’une économie informatisée créant un monde ou la distance se contracte et le temps s’accélère.

Le rôle du politique dans cette phase de transition ochlonomique est de mettre en congruence les sphères de l’économie, de la technologie, de la science et de la culture.

Penser la transition c’est aussi être conscient des nouveaux rapports de force et de pouvoir qui se jouent entre les territoires et de la façon dont les cartes géopolitiques sont redistribuées.
Le cyberespace est aussi un espace de guerre économique et de cyber attaques. La vassalité numérique est une condition que l’on ne peut accepter. Dépourvue des atouts contemporains de la puissance, l’Europe subira la transition numérique en perdant la main sur toute une série d’options socio-politiques et culturelles.

La transition ochlonomique n’est pas une histoire préécrite de lendemains technologiques harmonieux. Cette économie est suffisamment mouvante et immature pour que la France y trouve encore sa place et y développe ses atouts en cultivant sa persévérance entrepreneuriale.

Vous défendez la notion de souveraineté économique. Qu’implique-t’elle sur la plan français ou européen ?

La souveraineté économique désigne la capacité d’un pays à contrôler la production et la gestion de besoins essentiels, en ne dépendant pas d’autres États ou d’autres entreprises.
Mais la souveraineté ne signifie pas l’autarcie ou le protectionnisme.
La souveraineté économique recouvre, entre autres domaines, la souveraineté alimentaire, la souveraineté énergétique et la souveraineté numérique.

La question de la souveraineté économique n’est pas nouvelle. La situation s’est dégradée depuis de nombreuses années. Le grand public l’a découverte depuis la pandémie, alors que le monde entier a subi les conséquences de sa dépendance à la production chinoise, principalement vis-à-vis de la livraison de masques chirurgicaux. La crise ukrainienne a également poussé les gouvernements européens à appeler à davantage de souveraineté dans le domaine de l’énergie. L’Union européenne est en effet largement dépendante de la Russie, qui lui fournit 40 % de son gaz naturel.
Pour renforcer la souveraineté économique d’un pays, une des solutions passe par sa réindustrialisation. Un de mes sujets de réflexion, en tant que président du comité économie d’IESF (Ingénieurs et scientifiques de France) est : « l’industrie française la notion nouvelle, la nécessaire renaissance ». En effet la réindustrialisations doit s’inscrire dans le paradigme issu de la troisième révolution industrielle de 1980, dont l’intrant est la donnée, la data.
Au sortir du premier confinement en 2020, le gouvernement a lancé le plan France Relance pour soutenir l’industrie française sur des secteurs clés tels que l’aéronautique, la santé ou l’agroalimentaire.
La souveraineté énergétique de la France et en particulier la production d’électricité sera abordée lors d’une conférence que j’organise dans le cadre des Entretiens économiques d’IESF/Sciences Po Paris Alumni que j’ai fondées et que j’anime. Les relations entre la France et l’Europe et la France et l’Allemagne seront abordées.

Engagé sur la souveraineté numérique depuis plusieurs années, parmi les pionniers en France en I E, membre Emérite de l’Académie de l’Intelligence économique, je rappelle les articles rédigés et les événements organisés par moi.

Mes articles sur la souveraineté numérique sur LinkedIn. Cliquez sur les liens ci-dessous








Publié sur le site d’IESF (Ingénieurs et scientifiques de France) dans l’espace qui m’est réservé en tant que président du comité économie d’IESF.

Extrait : Le concept de guerre économique systémique correspond hélas à la situation à travers la crise du Covid
Les éléments mis en avant par l’intelligence économique française depuis 20 ans nous éclatent au visage. L’indépendance économique d’un pays appartient aux fondamentaux.
En 2020 nous mesurons ce que signifie dépendre de la Chine pour acquérir masques et appareils médicaux. En matière de souveraineté, la France est en état d’urgence en particulier la souveraineté numérique.]i

Mon engagement sur le sujet depuis 2014 au travers deux évènements que j’ai organisés


« Des pistes pour une gouvernance européenne de l’Internet » avec Forum Atena et Eurolinc en partenariat avec les écoles ECE et ESME Sudria.


Nous écrivions à l’époque : « Le séisme qui a suivi les révélations d’Edward Snowden a suscité des interrogations légitimes Nous appelions au débat : « Pour appréhender et anticiper les retombées des décisions et les nouvelles tendances, pour influencer la gouvernance de notre Internet de demain, et plus globalement de la société numérique de demain »]i




IESF est partenaire de la 15ème édition de Search Day. Pourquoi une telle journée est essentielle pour les métiers de l’ingénierie de la sciences ?

La veille scientifique et technique devrait être une pratique incontournable pour les ingénieurs et chercheurs. Elle leur permet de surveiller et détecter les innovations, les tendances et d'anticiper les mutations techniques, économiques et sociales.
Cette conférence leur permettra de découvrir les secrets d'une veille réussie à travers plusieurs bonnes pratiques telles que par exemple : Savoir automatiser les recherches pour ne pas manquer une information stratégique ou détecter les tendances et innovations via les réseaux sociaux.

Merci Christophe Dubois-Damien pour ces réponses très complètes. Par Julie Simons

Président du comité économie d’IESF Ingénieurs et scientifiques de France
Président du groupe professionnel 1980 de SciencesPo Paris Alumni
CEO de 01 Innovation
Administrateur de Forum Atena
Membre émérite de l’Academie de l’intelligence économique.




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